Emilie Coupechoux
lundi 10 dĂ©cembre 2012 Ă 10h30, salle du Conseil (4Ăšme Ă©tage), antenne parisienne de l’INRIA, 23 avenue d’Italie, 75013 Paris
Plusieurs types de rĂ©seaux du monde rĂ©el peuvent ĂȘtre reprĂ©sentĂ©s par des graphes dont les sommets reprĂ©sentent des individus (dans le cas des rĂ©seaux sociaux) ou des pages Web (dans le cas du World Wide Web), pour ne citer que ces exemples. Chaque arĂȘte du graphe correspond Ă une interaction entre sommets: dans les rĂ©seaux sociaux, une arĂȘte est prĂ©sente entre deux sommets si les individus quils reprĂ©sentent sont amis; dans le World Wide Web, les arĂȘtes reprĂ©sentent les liens hypertextes entre les pages Web. Comme il sagit de rĂ©seaux de trĂšs grande taille, leur topologie dĂ©taillĂ©e est gĂ©nĂ©ralement inconnue, et nous les modĂ©lisons par de grands graphes alĂ©atoires ayant les mĂȘmes propriĂ©tĂ©s statistiques locales que celles des rĂ©seaux observĂ©s. Un exemple de telle propriĂ©tĂ© est la prĂ©sence de regroupements dans les rĂ©seaux rĂ©els: si deux individus ont un ami en commun, ils ont Ă©galement tendance Ă ĂȘtre amis entre eux. tudier des modĂšles de graphes alĂ©atoires qui soient Ă la fois appropriĂ©s et faciles Ă aborder dun point de vue mathĂ©matique reprĂ©sente un challenge, cest pourquoi nous considĂ©rons plusieurs modĂšles de graphes alĂ©atoires possĂ©dant ces propriĂ©tĂ©s. La propagation dĂ©pidĂ©mies dans les graphes alĂ©atoires peut ĂȘtre utilisĂ©e pour modĂ©liser plusieurs types de phĂ©nomĂšnes prĂ©sents dans les rĂ©seaux rĂ©els, comme la propagation de maladies, ou la diffusion dune nouvelle technologie. Le modĂšle Ă©pidĂ©mique que nous considĂ©rons dĂ©pend du phĂ©nomĂšne que nous voulons reprĂ©senter : un individu peut contracter une maladie par un simple contact avec un de ses amis (ces contacts Ă©tant indĂ©pendants), mais une nouvelle technologie est susceptible dĂȘtre adoptĂ©e par un individu lorsque beaucoup de ses amis ont dĂ©jĂ la technologie en question. Nous Ă©tudions essentiellement ces deux diffĂ©rents cas de figure. Dans chaque cas, nous cherchons Ă savoir si une faible proportion de la population initialement atteinte (ou ayant la technologie en question) peut propager lĂ©pidĂ©mie Ă une grande partie de la population: si cest le cas, on dit quune cascade est possible. La transition de phase de ce phĂ©nomĂšne est Ă©troitement liĂ©e Ă lapparition dune composante gĂ©ante dans un graphe alĂ©atoire (il y a une composante gĂ©ante dans un graphe alĂ©atoire si la taille de sa plus grande composante connexe augmente de façon linĂ©aire avec la taille totale du graphe). LĂ©tude des graphes alĂ©atoires permet notamment la prĂ©diction de propriĂ©tĂ©s globales (savoir dans quel cas une cascade est possible ou non) pour des grands rĂ©seaux sur lesquels nous ne disposons que de donnĂ©es locales.
